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THESE
Présentée à la
Faculté des Sciences Aïn Chock
En vue de l’obtention du
DOCTORAT D’ETAT
ES-Sciences Physique (Mention Chimie)
Par
Pr. Nezha SEFIANI
ETUDE DE LA SPECIATION
DE CERTAINES IMPURETES METALLIQUES EN MILIEU ACIDE PHOSPHORIQUE
(DILUE, CONCENTRE) : CAS DE : V(V), U(VI), Fe(III) et AL(III).
Soutenue: le Mardi 10 Juillet 2007
à 10 h à l’Amphi I devant le jury constitué
de :
Pr. A. Irhzo PES Faculté des sciences Ain Chock
Casablanca Président
Pr. A. Laachach PES Ecole Nationale de l’Industrie Minérale
Rabat Rapporteur
Pr. K.R. Temsamani PES Faculté des sciences Tétouan
Rapporteur
Pr. A. Al Bizane PES Faculté des sciences et techniques
Mohammédia Examinateur
Pr. M. Hlaibi PES Faculté des sciences Ain Chock Casablanca
Examinateur
Pr. M.T. Ouazzani PES Faculté des sciences Ain Chock
Casablanca Examinateur
Pr. N. Saib PES Faculté des sciences Ain Chock Casablanca
Examinateur
Pr. M. Azzi PES Faculté des sciences Ain Chock Casablanca
Encadrant
A. Kossir CERPHOS – OCP Invité
Résumé
Ce travail a été mené dans le cadre des
travaux entrepris dans le but d’avoir une bonne connaissance
des milieux phosphoriques industriels et une maîtrise
de la réactivité des solutés présents
dans ces milieux complexes.
La préparation de l’acide phosphorique à
partir des apatites par attaque par l’acide sulfurique
conduit à des acides phosphoriques de différentes
concentrations contenant des impuretés qui étaient
présentes soit dans le minerai de départ soit
entraînées par les réactifs utilisés
dans le procédé de préparation. Certaines
peuvent être valorisées comme l’uranium,
le vanadium et les terres rares. D’autres au contraire
sont gênantes et doivent être éliminées
(arsenic, molybdène, métaux lourds…).
Des opérations d’extraction liquide- liquide, d’échange
d’ions, de précipitation, de flottation ionique
ont été proposées pour la purification
poussée de l’acide phosphorique. L’optimisation
de ces procédés passe par une meilleure connaissance
de la réactivité des impuretés contenues
dans ces milieux complexes.
Il est donc nécessaire, pour maîtriser l’élimination
ou la récupération des espèces en solution,
de comprendre leur comportement et de savoir sous quelles formes
elles peuvent exister.
Dans le présent travail, nous nous proposons d’une
part de contribuer à l’étude des milieux
phosphoriques en étudiant le comportement et la spéciation
des ions : V(V), U(VI), Al(III) et Fe(III) dans les milieux
phosphoriques et d’autre part de réaliser des essais
préliminaires d’extraction d’impureté
par membrane liquide supportée (MLS) à partir
des solutions d’acide phosphorique.
Après une étude bibliographique et une description
des différentes techniques expérimentales mises
en œuvre pour réaliser ce travail, nous présentons
dans le troisième chapitre les résultats d’une
étude physicochimique de l’acide phosphorique en
présence des cations métalliques considérés.
Cette étude consiste en une investigation conductimétrique,
viscosimétrique et de l’acidité du milieu
phosphorique en présence du cation métallique.
L’étude de l’évolution de la conductivité
et de la viscosité de l’acide phosphorique en présence
de l’impureté a montré une augmentation
de la conductivité et une baisse de la viscosité
en fonction de la concentration du cation métallique.
Ce comportement est le résultat de l’interaction
entre l’impureté et les molécules de l’acide
phosphorique. Cette interaction serait susceptible de libérer
des protons H+ et de provoquer la rupture des liaisons hydrogène
qui lient les différentes molécules d’acide
phosphorique. Ces derniers étant moins liés que
dans le cas de l’acide phosphorique pur, deviennent plus
mobiles et contribuent à l’augmentation de la conductivité
et la diminution de la viscosité de la solution. L’étude
conductimétrique et viscosimétrique a montré
aussi que l’interaction cation métallique- espèce
phosphate est plus importante dans le cas du V(V) et de U(VI)
que dans le cas de Al(III) et du Fe(III).
L’évolution de l’acidité de l’acide
phosphorique en fonction de la concentration du cation métallique
a été étudiée par mesure de la fonction
Ro(H) selon l’hypothèse de Strehlow. Dans le cas
du V(V) cette évolution a montré une augmentation
sensible de l’acidité. La libération des
protons mise en évidence par l’étude conductimétrique
suite à l’interaction du vanadium avec les espèces
phosphates peut expliquer cette élévation du niveau
d’acidité.
Dans le cas de l’uranium, l’aluminium et le fer
la variation de Ro(H) est moins importante par rapport au cas
du vanadium. Elle montre toutefois une légère
augmentation de l’acidité dans le cas de l’aluminium
et du fer. D’ailleurs, nous avons remarqué qu’à
concentrations égales, l’acide phosphorique pur
pour analyse est moins acide que l’acide phosphorique
industriel.
Afin de confirmer davantage ce qui vient d’être
avancé comme explication au comportement des impuretés
en milieu acide phosphorique, et d’avoir plus de renseignements
sur la nature du complexe susceptible de se former suite à
l’interaction du cation métallique avec les ions
phosphates, nous avons mené des études spectroscopiques
des différentes solutions phosphoriques contenant l’impureté.
Le chapitre IV regroupe les résultats de ces études.
Les investigations par spectrophotométrie UV-visible,
en mode directe et indirecte, ont permis, d’une part,
de confirmer la mise en jeu des protons lors de l’interaction
cation métallique – espèces phosphates,
ce qui est en accord avec l’étude conductimétrique
et viscosimétrique, et d’autre part d’apporter
des renseignements sur les espèces formées. En
effet, sur la base de cette étude spectrophotométrique,
nous avons pu déterminer le rapport molaire (cation métallique)
/ (Phosphates), le nombre de protons mis en jeu et la constante
conditionnelle de stabilité des complexes formés
ainsi que son évolution en fonction du pH.
Des investigations par RMN du phosphore 31 et par spectrométrie
Raman nous ont apporté davantage de renseignements concernant
la complexation de l’ion uranyle dans les milieux phosphoriques.
Les réactions de complexation correspondant à
l’interaction cation métallique-phosphate ainsi
que les structures des complexes éventuellement formés
sont proposées.
La présence dans l’acide phosphorique industriel
des ions fluorures comme impureté majeure peut aussi
interférer sur les interactions éventuelles ayant
lieu entre les impuretés métalliques et l’acide
phosphorique. Nous avons jugé utile d’étudier
l’influence de cette impureté sur le comportement
des cations métalliques dans le milieu phosphorique.
Dans le chapitre V nous présentons l’étude
des interactions cations métalliques-fluorure. La détermination
des constantes de stabilité conditionnelles correspondant
à ces interactions et leurs évolutions en fonction
du pH nous a permis de dresser une comparaison des constantes
de stabilité des complexes formés entre, d’une
part les cations métalliques et les espèces phosphate
et d’autre part les cations métalliques et les
ions fluorures. Dans les domaines de pH explorés, il
semblerait donc que :
- Pour l’uranium, le complexe uranium-phosphate est plus
stable que le complexe uranium– fluorure. Cette différence
de stabilité est d’autant plus grande que le milieu
est de plus en plus acide.
- Pour les catins métalliques Fe(III) et Al(III) les
constantes de stabilité des complexes fluorés
sont plus élevées que celles correspondantes aux
complexes phosphatés. Ces constantes sont d’autant
plus faibles que le milieu est plus acide.
Les constantes de stabilité conditionnelles des complexes
formés évoluent avec l’acidité du
milieu. Si cette évolution est respectée aussi
en milieu acide phosphorique concentré, les complexes
formés seraient moins stables pour Al(III) et Fe(III)
alors que pour l’uranium le complexe uranium-phosphate
serait beaucoup plus stable. Mais cette extrapolation doit être
prise avec prudence car, en milieu concentré, le coefficient
d’activité des espèces présentes
dans le milieu en général et de celles engagées
dans la réaction de complexation s’éloigne
de l’unité. Leur influence dans la détermination
des caractéristiques de la réaction de complexation
doit être prise en considération. Pour le cas du
V(V), nous avons montré que le complexe formé
entre le vanadium et l’espèce phosphate est le
même aussi bien en milieu phosphorique dilué que
concentré.
Enfin dans le sixième chapitre nous présentons
des essais préliminaires d’extraction en utilisant
une membrane liquide supportée (MLS).
Dans un premier temps nous présentons les résultats
relatifs à l’extraction de l’uranium dans
un milieu non complexant. Ensuite nous présenterons l’extraction
de l’uranium à partir de solution d’acide
phosphorique.
Le transport des ions uranyles à partir d’une solution
aqueuse à pH = 1, à travers une MLS contenant
le di(2-ethylhexyl) phosphoric acid comme transporteur, montre
une bonne perméabilité de la membrane et un fort
flux de transport. Les premiers essais de transport des ions
uranyles à partir d’une solution d’acide
phosphorique montre que, dans ce cas aussi, la membrane est
perméable vis à vis des ions uranyles mais elle
est aussi perméable à l’acide phosphorique.
Le transport de l’acide phosphorique a aussi été
étudié afin de dresser une comparaison entre les
résultats concernant ce transport et celui des ions uranyles.
Il parait donc que l’acide phosphorique diffuse dix fois
plus que les cations métalliques (U(VI)) à travers
la MLS.
Ces résultats sont encourageants et constituent un résultat
intéressant dans la mesure où ce comportement
ouvre des perspectives vis-à-vis d’une possibilité
de purification de l’acide phosphorique industriel.
Les résultats de ce travail ont permis d’apporter
quelques éléments de réponse concernant
la spéciation des cations métalliques en milieu
acide phosphorique (dilué et concentré). Ils ont
permis aussi d’ouvrir plusieurs perspectives d’études
et de développements tels que :
a- Des investigations supplémentaires par RMN et par
spectrométrie RAMAN peuvent apporter plus de précision
sur la détermination et l’identification des complexes
issus de l’interaction cation métallique- espèces
phosphate plus particulièrement en milieu acide
phosphorique concentré.
b- La détermination du coefficient d’activité
des différentes espèces intervenantes dans les
réactions de complexation permettrait d’évaluer
avec plus de précision les valeurs des constantes de
stabilité conditionnelles correspondantes en milieu acide
phosphorique
concentré.
c- L’eau présente en milieu phosphorique concentré
doit jouer un rôle important dans l’échange
de protons. La détermination de son activité en
milieu acide phosphorique concentré peut contribuer à
comprendre les différents phénomènes observés.
d- Des études approfondies sur l’extraction des
ions uranyles à travers la MLS, à savoir :
- étudier l’influence de la nature du transporteur
et du solvant organique sur les paramètres cinétiques
et sur la sélectivité vis-à-vis de l’espèce
à extraire. (ion uranyle, phosphate).
- étudier l’influence de la concentration de l’acide
phosphorique sur le phénomène d’extraction
en question et essayer de se rapprocher le maximum possible
du cas réel (acide phosphorique industriel).
e- Cette étude peut être appliquée sur d’autres
cations métalliques considérés comme impuretés
dans l’acide phosphorique industriel
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